Après plusieurs années d’activités professionnelles en entreprises privées et publiques, que ce soit en France ou en Belgique, j’ai voulu revenir à mon cœur de métier à savoir l’anthropologie et pouvoir l’exercer en profondeur

Connaître les fonctionnements sociétaux humains, dans leur modernité et leur historicité, me passionne. J’apprécie également de pouvoir comprendre un pays, une culture de l’intérieur en interrogeant sa population et en m’arrêtant sur les mécanismes d’interrelations mis en œuvre.
J’ai pu le faire notamment en habitant pendant une dizaine d’années une ville que je trouve fantastique et que je vous conseille d’apprendre à connaître. Anvers (ou Antwerpen) se trouve en Belgique, en pays flamand et m’a accueillie avec beaucoup de chaleur et d’ouverture. Je l’ai connue par inadvertance, en jouant le rôle de chaperon pour une copine marseillaise nouvellement éprise d’un sosie anversois de Sting du groupe The Police. Je suis tombée amoureuse de cette vaste cité riche d’histoire et de labeur et décidais de m’y installée après quelques allers-retours enthousiastes. J’ai pu me fondre dans la population, une population au demeurant fort sympathique, je m’y suis sentie « comme un poisson dans l’Escaut ». Une ville m’a rarement fait cette impression, l’impression de faire corps avec elle, d’être là où je devais être… La barrière linguistique n’en a pas été une, j’ai appris avec joie le néerlandais, une langue très intéressante et qui ouvre étonnamment vers les idiomes scandinaves. J’espère sous peu arriver à baragouiner le norvégien. La Norvège fait partie de mes autres pays de prédilection.

Quand je pars à l’étranger, je n’arrive pas à aborder le pays en adoptant un regard purement touristique. Il me faut être avalée par la population, sentir son pouls battre dans mes propres veines, trouver des organismes locaux où m’insérer et grâce auxquels je ne me retrouve pas entre touristes (notamment français) mais bien avec des autochtones. Je cherche toujours à apprendre la langue et fréquente avec assiduité même si ce n’est que temporaire, les bancs des écoles linguistiques mis à disposition des immigrés. Je fouine partout sans pour autant rechercher les places et monuments envahis par les touristes. Je marche des heures dans les rues et observe. Je fréquente les bibliothèques, achète des magazines nationaux, vais au cinéma en VO et goûte chaque fait et geste de mes hôtes car bien sûr, je m’arrange pour loger chez l’habitant... En Islande, par exemple, le fait d’être partie randonner avec un club local (seule étrangère du groupe) m’a fait rencontrer un couple islandais avec lequel je suis toujours en contact, vingt ans après… Les nouvelles du pays sont plus fraîches. C’est une manière de vivre l’anthropologie en lui enlevant son vernis académique

Vivre à Anvers a été pour moi une révélation anthropologique, y habiter comme citoyenne anversoise a été riche d’enseignements. Ce fut une expérience de vie fantastique, mon retour en France (inévitable pour des raisons extérieures à ma volonté) fut un véritable crève-cœur. J’ai mis longtemps à me remettre de cette séparation et retourne dès que possible rendre visite à ma ville fétiche.
Ach Antwerpen, ik mis je zo...