Ethnoconsulting
ANTHROPOLOGIE, ACTE 3 : AMORCE LITTÉRAIRE
Tout au long de ma carrière professionnelle en France, je tentais vaille que vaille d’insérer des gouttes anthropologiques au cœur de mes différentes fonctions.
Je supportais très mal de ne plus avoir ce regard scientifique, ne plus pouvoir utiliser une méthodologie rigoureuse et porteuse de sens humain, de devoir supporter un profond paternalisme ambiant qui m’étiolait considérablement. Traiter des relations humaines sous un mode managérial empli de hiérarchie et devoir m’y plier me laissaient un arrière-goût amer de vie gâchée. Je tombais malgré moi malade.
L’envie d’écrire me titillait depuis un moment mais mes charges familiales et professionnelles importantes m’obligeaient à remettre toujours au lendemain ce projet. L’écriture est pour moi une seconde nature.
Je partage complètement les préoccupations de ce grand chercheur et historien au sujet de la prise en compte du handicap : ceux qui en sont préservés ne cherchent pas à comprendre et l’empathie ne fait pas toujours partie des partis pris des professionnels de la santé. Dans le cas de la monovision, certains osent dire aux parents d’enfants atteints « faites comme s’il n’y avait rien, traitez le-la comme n’importe quel autre enfant qui n’est pas confronté à ce genre de problème ».
- Ont-ils vraiment compris ce que monovision veut dire et quels sont les impacts de ce « moins » visuel ?
- Ne serait-il pas plus constructif de les informer sur les conséquences physiques, psychiques, sociologiques, etc. ?
- Éduquer pour éviter de stigmatiser ?
L’envie d’écrire me titillait depuis un moment mais mes charges familiales et professionnelles importantes m’obligeaient à remettre toujours au lendemain ce projet. L’écriture est pour moi une seconde nature. Pour la petite histoire, à quatre ans, je savais écrire comme une élève de l’école primaire et formuler sur une feuille des idées déjà claires. Cet état que je qualifierais de « congénital » incita la directrice de la maternelle à m’envoyer direct au cours préparatoire sans trop m’expliquer le pourquoi du comment, un peu perdue de me retrouver du jour au lendemain parmi tous ces grands…
Jeune adulte, j’ai exercé le métier de reporter freelance en France et en Belgique. Ce n’est qu’entre la maîtrise et le DESS (3ème cycle) que j’abandonnais cette avance scolaire et m’octroyais une année sabbatique journalistique. Je me délectais en effet de ces rencontres quotidiennes sur le terrain et dans l’écriture d’articles de tous ordres. Mon réseau était important, ma curiosité inébranlable. La raison universitaire cependant me fit mettre un terme aux collaborations pour me consacrer à mon DESS, désireuse de poursuivre mon cheminement scientifique. Quand j’arrivais ensuite en Belgique, je trouvais des piges à faire au sein d’un mensuel industriel soucieux d’ouvrir une rubrique tournée vers les ressources humaines et la communication. Écrire, aller sur le terrain et rendre compte, voilà des activités qui m’apportaient pleine satisfaction.
La maladie subie, une fois mon retour en France entériné après plusieurs années flamandes, s’accompagna de fortes remises en question. Continuer dans les conditions professionnelles précédentes ou bien faire l’effort de revenir à mes premières amours ? Confort du déjà vu, vécu, non vaincu ou risques de l’inattendu ? L’écriture me démangeait aussi de plus en plus les doigts, je n’y tins plus et me jetais sur un cahier : rendre compte de la situation des borgnes d’un point de vue littéraire, philosophique, historique, anthropologique, psychologique devenait une urgence esthétique. Je convoquais, après deux années de recherches documentaires, quelques grands noms académiques et scientifiques, et concoctais un ouvrage qui fut, ô joie, publié par une maison d’édition toulousaine. Borgnitude, dictionnaire tronqué de l’entre-deux peut être obtenu au prix de 18€ + frais d’envoi auprès d’Az’art atelier (site internet) ou bien de ma personne. Utilisez le formulaire ci-joint, merci ! Vous apprendrez certaines choses sur le vécu et le monde vu par un ou une monophtalme.
Ce premier amour littéraire respecté, je décidais de laisser libre cours au second : reprendre mes activités doctorales ! Je me mis à la recherche d’un nouveau professeur HDR pour encadrer ma thèse en anthropologie de la santé, cette fois-ci. Après plusieurs années infructueuses, je trouvais enfin en un universitaire niçois une oreille attentive et intéressée. Avant même d’en écrire la première ligne, les embuches apparurent à l’horizon. La monophtalmie est un sujet original mais persona non grata apparemment…
J’avais été à bonne école en Belgique, pas question de me laisser faire cette fois-ci… Après un moment de flottement, je décidais de relever le défi !